Dr Rémi Chédeville · Médecin Psychiatre · Secteur 1 · www.docteurchedeville.fr
Ce cahier est un outil de travail que nous utilisons ensemble en consultation, et que vous complétez chez vous entre les séances. Il accompagne un travail structuré sur le deuil, inspiré de la thérapie du deuil compliqué (approche validée développée par la psychiatre Katherine Shear). Il rassemble les explications, les exercices et vos observations personnelles au même endroit.
Faire son deuil ne veut pas dire oublier ni « tourner la page ». Le travail avance dans deux directions à la fois : accepter la réalité de la perte et la douleur qu'elle provoque, et retrouver peu à peu une vie qui a du sens, où le lien avec la personne se transforme sans disparaître. On passe naturellement de l'une à l'autre, comme une respiration.
Il n'y a pas de bonne ni de mauvaise réponse. Ce qui compte, c'est ce qui est vrai pour vous, au moment où vous l'écrivez. Vous pouvez revenir en arrière, corriger, compléter : ce cahier évolue avec vous. Vos réponses sont enregistrées automatiquement sur cet ordinateur.
| Module | À quoi il sert |
|---|---|
| 1. Comprendre le deuil | Savoir ce qui est normal, et repérer un deuil qui reste bloqué |
| 2. Mon histoire | La personne, notre lien, l'histoire du décès, mon entourage |
| 3. Mon journal de suivi du deuil | Observer l'intensité du deuil au fil des jours |
| 4. Ce qui compte pour moi | Mes objectifs et mes aspirations pour la suite |
| 5. Raconter l'histoire du décès | Revisiter le moment de la perte pour l'apprivoiser |
| 6. Retrouver la vie quotidienne | Se réapproprier les lieux et situations que l'on évite |
| 7. Me reconnecter aux souvenirs | Souvenirs, et lettre ou conversation avec la personne |
| 8. Mes liens | Les personnes vivantes sur qui je peux m'appuyer |
| 9. Dates et moments difficiles | Préparer les anniversaires et les temps sensibles |
| 10. Bilan et avenir | Mes forces, ce qui a aidé, mes prochains pas |
| 11. Ressources | Numéros, associations et soutiens |
Le deuil est une réaction naturelle à la perte d'un être auquel on est attaché. Ce n'est pas une maladie, ni un signe de faiblesse. C'est le prix de l'amour et de l'attachement.
Juste après le décès, le deuil est souvent très intense et envahissant : on parle de deuil aigu. Avec le temps, chez la plupart des gens, cette douleur ne disparaît pas mais devient plus supportable : elle laisse de la place à d'autres émotions, aux souvenirs, à la vie. C'est le deuil intégré. Le lien avec la personne ne se rompt pas : il change de forme et trouve une place que l'on peut porter.
Une expérience aussi forte peut se décomposer. La repérer aide à mieux la traverser. Notez ce que vous ressentez le plus souvent :
| Composante | Ce que je remarque chez moi |
|---|---|
| Pensées idées, images, ce qui me revient | |
| Émotions tristesse, colère, culpabilité, vide… | |
| Sensations physiques fatigue, gorge serrée, poids… | |
| Comportements ce que je fais ou ce que j'évite |
La plupart des deuils évoluent d'eux-mêmes, à leur rythme, sans qu'il n'y ait rien d'anormal. Pour une partie des personnes (environ 1 sur 10), le deuil reste figé dans sa forme aiguë très longtemps et empêche de vivre : on parle alors de trouble du deuil prolongé. Ce n'est pas un défaut de courage ; c'est une situation qui se soigne, et c'est souvent la raison d'un accompagnement comme celui-ci.
Des repères issus des classifications actuelles (DSM-5-TR, 2022 ; CIM-11) : une souffrance de deuil qui persiste presque tous les jours depuis au moins 12 mois (6 mois chez l'enfant et l'adolescent), avec :
Ces repères ne servent pas à se diagnostiquer soi-même. Ils aident à décrire où vous en êtes. Le deuil prolongé se distingue de la dépression et du stress post-traumatique, et n'est pas mieux expliqué par eux. Nous en parlons en consultation.