Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) du TAG · Dr Rémi Chédeville · Médecin Psychiatre · www.docteurchedeville.fr
Ce cahier s'utilise en suivi individuel comme en groupe. L'onglet ci-dessus adapte seulement quelques formulations ; le contenu et les exercices restent les mêmes.
Ce cahier vous appartient. Il réunit ce qu'il faut comprendre sur l'anxiété et l'inquiétude, et surtout les outils concrets que nous allons travailler ensemble pour reprendre le contrôle. Le programme se déroule sur 12 séances de 50 à 60 minutes de groupe, hebdomadaires, d'environ 2 heures, organisées en 6 grands modules.
Tout au long du cahier, vous noterez votre niveau d'anxiété ou de détresse sur une échelle de 0 (aucune anxiété, parfaitement calme) à 100 (l'anxiété la plus intense imaginable). C'est notre « thermomètre » commun pour suivre ce qui bouge.
L'anxiété est une expérience universelle et utile à la survie : c'est le système d'alarme de la nature. Elle nous fait regarder des deux côtés avant de traverser, éviter un danger réel. Le problème n'est donc pas l'anxiété en elle-même, mais l'inquiétude inadaptée : celle qui se déclenche quand il n'y a pas de danger réel, ou quand le danger est déjà passé, et qui finit par gêner la vie.
Anticiper l'avenir peut être adaptatif quand cela nous prépare à agir (« planifier à l'avance » fait avancer les choses). L'inquiétude, elle, nous laisse coincés : comme un disque rayé qui tourne en boucle, elle ne résout rien.
Vulnérabilité + Stress = TAG. La vulnérabilité, c'est le terrain : intolérance à l'incertitude, besoin de contrôle, perfectionnisme, tempérament « inquiet ». Le stress, ce sont les événements de vie (perte d'emploi, déménagement, changement…). Les deux caractéristiques principales du TAG qui en résultent sont : (1) une inquiétude excessive et incontrôlable, et (2) une tension physique élevée.
Dans toute émotion, y compris l'inquiétude, trois composantes s'entretiennent en boucle : l'une déclenche automatiquement les autres.
| Composante | De quoi il s'agit |
|---|---|
| Cognitive (pensées) | Les pensées et images inquiètes (« et si… »), les thèmes récurrents : santé, famille, travail, argent, quotidien. |
| Physique (sensations) | La tension musculaire, le cœur qui s'emballe, l'estomac noué, l'agitation, la fatigue. |
| Comportementale (actions) | Ce que l'on fait : vérifier, se rassurer, sur-préparer, éviter, procrastiner, sur-protéger. |
Exemple : la pensée « mon enfant a peut-être eu un accident » (cognitif) noue l'estomac (physique), ce qui renforce l'idée de danger (cognitif) et pousse à appeler dix fois pour vérifier (comportemental).
Face à l'anxiété, notre réflexe est de l'éviter, ou d'éviter ce qui la déclenche. Cela soulage sur le moment, mais entretient le cercle vicieux à long terme : on n'apprend jamais que la crainte était excessive. L'évitement peut être visible ou très subtil : distraction, sur-planification, excès de prudence, procrastination, vérifications, demandes de réassurance.
« S'inquiéter de payer mes factures m'évite les ennuis » est un piège : ce n'est pas l'inquiétude qui paie les factures, c'est le fait de les payer. L'inquiétude ne résout aucun problème : elle EST le problème.
Changer sa façon de penser et d'agir est difficile, et il est normal d'avoir des sentiments partagés (de l'ambivalence). Poser à plat le pour et le contre aide à s'engager en connaissance de cause.
| Si je change (je travaille sur mon anxiété) | Si je reste comme aujourd'hui |
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| Avantages : | Avantages : |
| Inconvénients / coûts : | Inconvénients / coûts : |
Un bon objectif est concret, précis et mesurable. Imaginez : une fois l'objectif atteint, que ferez-vous de différent ?
| Mon objectif (concret et précis) | Comment je saurai que je l'ai atteint |
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