1 Comprendre les troubles psychotiques
La psychose est une altération transitoire ou durable du rapport à la réalité. Elle recouvre des tableaux variés (dont la schizophrénie n'est qu'une partie) et n'a rien d'une fatalité : une majorité de personnes évoluent favorablement, surtout avec une prise en charge précoce.
Les grandes familles de symptômes
- Symptômes positifs : hallucinations (entendre, voir, sentir ce que d'autres ne perçoivent pas), idées délirantes (convictions inébranlables, souvent de persécution ou de référence).
- Symptômes négatifs : retrait, perte d'élan et de plaisir, appauvrissement des émotions et du discours, souvent au premier plan du handicap.
- Désorganisation : pensée et discours décousus, comportement inadapté.
- Difficultés cognitives : attention, mémoire, vitesse de traitement, souvent présentes et invalidantes.
Les formes cliniques
- Schizophrénie : symptômes persistants et retentissement durable.
- Trouble schizoaffectif : psychose associée à des épisodes marqués de l'humeur.
- Trouble délirant : un délire durable, sans désorganisation ni symptômes négatifs marqués.
- Épisode psychotique bref : de survenue rapide, souvent réactionnel, de bon pronostic.
- Psychose de l'humeur : symptômes psychotiques au sein d'un épisode maniaque ou dépressif sévère.
- Psychose induite : par une substance (cannabis, stimulants) ou un médicament.
Éliminer une cause organique
Devant un premier épisode, écarter une cause médicale ou toxique : consommations, certains médicaments, causes neurologiques, endocriniennes ou métaboliques. Un bilan initial et un examen somatique s'imposent.
2 Le premier épisode et l'intervention précoce
Plus la psychose non traitée dure longtemps, moins l'évolution est bonne. Repérer et agir tôt est l'un des leviers les plus puissants.
Repérer les signes précoces
- Un fléchissement progressif : retrait social, chute des résultats, isolement, étrangeté du contact.
- Des expériences inhabituelles, une méfiance nouvelle, des idées bizarres, des troubles du sommeil.
- Chez un jeune, ne pas tout mettre sur le compte de l'adolescence ou du cannabis.
Agir vite et bien
- Orienter sans délai vers une équipe spécialisée (centres et équipes d'intervention précoce quand ils existent).
- Instaurer un antipsychotique à dose la plus basse efficace, avec une information claire.
- Associer d'emblée le soutien psychosocial, la famille, et un travail sur les consommations.
- Soigner l'expérience du premier contact : elle conditionne l'adhésion pour longtemps.
Vignette clinique
Un étudiant de 20 ans s'isole depuis des mois, a lâché ses cours, se dit surveillé et entend parfois son prénom appelé. La famille met tout sur le compte du cannabis. On repère un premier épisode, on oriente vers une équipe spécialisée, on instaure un antipsychotique à faible dose avec une information claire, on soigne l'alliance et on associe les proches et un travail sur le cannabis. Quelques mois plus tard, il a repris ses études à temps partiel.