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Cet outil réunit deux choses au même endroit : comprendre le TDAH et son traitement, et agir concrètement sur le quotidien grâce à un petit programme de réhabilitation (minuteur, tâches, routines, suivi, objectifs…).
Tout ce que vous saisissez est enregistré uniquement sur cet appareil. Avancez à votre rythme, une chose à la fois, c'est le principe même du programme.
📘 Comprendre
🧰 Mon programme, commencer
Le TDAH, qu'est-ce que c'est ?
Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) appartient à la famille des troubles neurodéveloppementaux : le cerveau se construit et fonctionne d'une manière atypique. Rien à voir avec de la paresse, un manque de volonté ou une éducation défaillante.
En France, le trouble demeure largement sous-repéré, tout particulièrement chez l'adulte et chez la femme.
Trois dimensions à reconnaître
- Concentration difficile à tenir sur la durée
- Attention captée par le moindre bruit ou la moindre pensée, fautes d'inattention
- Objets égarés (clés, téléphone), rendez-vous et consignes oubliés
- Organisation et planification laborieuses
- Air de ne pas écouter, effort mental prolongé évité
- Besoin de bouger (mains, pieds), mal à rester en place
- Chez l'adulte, une agitation surtout intérieure
- Débit de parole important, impression d'être « sous tension »
- Difficulté à se poser, à ne rien faire
- Passage à l'acte ou à la parole avant réflexion
- Tendance à couper la parole, attente de son tour pénible
- Choix précipités, achats sur un coup de tête, goût du risque
- Supporte mal les délais et l'attente
🔎 Ce qui accompagne souvent le trouble ▸
- Régulation des émotions : ressentis très intenses, humeur qui bascule vite, colères qui montent d'un coup (« soupe au lait »), frustration mal tolérée.
- Fonctions exécutives : le « chef d'orchestre » du cerveau peine à hiérarchiser, à lancer une action (procrastination), à gérer le temps et à soutenir l'effort.
- Sommeil : un cerveau qui « ne s'éteint pas », endormissement compliqué, nuits agitées, jambes sans repos.
- Sensorialité : sensibilité accrue aux sons, à la lumière, aux odeurs, aux textures (étiquettes de vêtements).
- Hyperfocalisation : à l'inverse, capacité à rester absorbé des heures sur un sujet passionnant, en oubliant l'heure.
- Rapport au temps : estimer une durée, se projeter (« maintenant » contre « plus tard »), tenir un délai : autant de repères qui font défaut.
Trois présentations possibles
Peu d'agitation apparente. Profil de « rêveur », discret. Plus courant chez les filles, repéré tard.
Agitation et impulsivité au premier plan. Détecté tôt chez l'enfant « turbulent ». Devient agitation interne à l'âge adulte.
Les trois dimensions réunies. C'est la présentation la plus souvent posée, notamment à l'âge adulte.
Chez l'adulte & au féminin
On croit souvent que le TDAH s'efface à la puberté. En réalité, l'hyperactivité motrice se transforme en agitation intérieure, alors que l'inattention et l'impulsivité, elles, restent bien présentes et pèsent sur le travail comme sur la vie affective.
Ce que le temps transforme
| Enfance | Âge adulte |
|---|---|
| Court partout, grimpe sur les meubles | Agitation interne, nervosité, bougeotte, hyperinvestissement du travail |
| Interrompt, n'attend pas son tour | Parle trop, décisions impulsives (démissions, ruptures) |
| Perd ses jouets, oublie ses devoirs | Oublie ses rendez-vous, perd ses clés, gestion financière difficile |
| Colères explosives | Humeur instable, stress mal supporté, frustration qui monte vite |
🕰️ D'où viennent les diagnostics tardifs ? ▸
Nombre d'adultes prennent conscience de leur TDAH au moment où leur enfant est diagnostiqué (« c'était moi au même âge »). D'autres consultent d'abord pour une anxiété ou une dépression, elles-mêmes conséquences d'un TDAH resté sans réponse, avant que la cause de fond ne soit repérée. Enfin, certains symptômes longtemps compensés ne ressortent que lorsque les exigences de la vie augmentent.
La question du TDAH au féminin
Filles et femmes restent historiquement moins diagnostiquées, car leur tableau clinique prend souvent une autre forme :
- Inattention au premier plan : davantage de rêverie, peu d'agitation gênante, d'où le sentiment qu'elles « passent inaperçues ».
- Camouflage (masking) : sous la pression sociale d'être calmes et organisées, elles déploient des stratégies épuisantes qui conduisent au surmenage et à l'anxiété.
- Émotions à fleur de peau : ce qui débouche parfois sur des diagnostics erronés de bipolarité, de trouble borderline ou de dépression.
- Sensibilité aux hormones : les symptômes peuvent s'accentuer avant les règles, pendant la grossesse ou à la ménopause, la baisse des œstrogènes agissant sur la dopamine.
Causes & cerveau
Le TDAH a une origine neurobiologique. L'imagerie met en évidence des particularités de maturation et de fonctionnement de certaines régions cérébrales, en premier lieu le cortex préfrontal, siège de la planification, de l'attention et du contrôle des impulsions.
Deux messagers chimiques en cause
Le fonctionnement de deux neurotransmetteurs est insuffisant :
- La dopamine : à la manœuvre pour la motivation, le plaisir, la récompense et l'attention. Son déficit rend particulièrement pénible l'engagement dans les tâches peu gratifiantes.
- La noradrénaline : impliquée dans l'éveil, l'énergie et l'attention.
Résultat : ce cerveau réclame davantage de stimulation pour tourner à plein régime.
- Génétique : le facteur de loin le plus déterminant, avec une héritabilité estimée autour de 70 à 80 %.
- Contexte périnatal : naissance prématurée, petit poids de naissance, tabac ou alcool pendant la grossesse, souffrance à la naissance.
- Une éducation « mal faite »
- Les écrans en excès (ils peuvent aggraver, mais ne créent pas le trouble)
- Le sucre ou les allergies alimentaires
- Les tensions familiales
🔋 Une histoire de motivation ▸
Beaucoup rapportent une lassitude qui arrive vite et une motivation qui retombe une fois passé l'attrait de la nouveauté. Une piste avancée : l'hyperactivité servirait d'auto-stimulation pour entretenir l'éveil attentionnel quand la motivation s'épuise trop tôt.
En pratique, pour les corvées, mieux vaut miser sur des séquences courtes, répétées et intenses et alterner ce qui plaît et ce qui ennuie afin de tenir la distance. C'est précisément la logique de la méthode Pomodoro que propose « Mon programme ».
Le diagnostic
Aucun examen de sang ni imagerie ne pose à lui seul le diagnostic : celui-ci reste clinique. Il suppose un nombre suffisant de symptômes, un retentissement fonctionnel marqué dans plusieurs pans de la vie, une présence dès l'enfance (avant 12 ans) et l'exclusion d'une autre explication plus probable.
Les étapes de l'évaluation
- 1. Consultation spécialisée, auprès d'un psychiatre, d'un neurologue ou d'un pédiatre formé au trouble.
- 2. Entretien clinique (anamnèse), pour reconstituer le parcours depuis l'enfance et retrouver des indices avant 12 ans.
- 3. Échelles standardisées, questionnaires (DIVA chez l'adulte, Conners chez l'enfant) complétés par la personne et par son entourage.
- 4. Bilan neuropsychologique (facultatif), tests cognitifs (WAIS ou WISC, épreuves attentionnelles) pour cartographier forces et fragilités et écarter d'autres troubles.
- 5. Bilan somatique, afin d'éliminer d'autres pistes (vision, audition, thyroïde, carences, épilepsie, etc.).
🎭 Quand les signes se cachent ▸
Beaucoup de personnes compensent à force de stratégies (tout noter, tout vérifier, organisation très rigide, perfectionnisme) ou grâce à leur entourage. D'autres signes restent intériorisés (une agitation mentale sans traduction visible, masquée par l'anxiété ou la timidité) et n'apparaissent que tard, laissant croire à tort à un trouble « d'apparition tardive ».
⚠️ Quand les signes trompent ▸
Plusieurs troubles peuvent ressembler au TDAH : troubles « DYS », difficultés d'audition ou de vision, anxiété, troubles de l'humeur (dépression, bipolarité), troubles psychotiques, ou l'effet de certains médicaments sédatifs. Mais ils peuvent aussi s'ajouter à un authentique TDAH (comorbidité), ce qui justifie une évaluation soigneuse.
Les troubles associés
Le TDAH voyage rarement seul : près de 70 % des adultes concernés présentent au moins un autre trouble associé (comorbidité). Les identifier et les traiter est tout aussi important que le TDAH lui-même.
| Trouble | Lien avec le TDAH |
|---|---|
| Troubles « DYS » | Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, très souvent présents (30 à 50 % des cas). |
| Humeur et anxiété | Dépression (usure, échecs à répétition), anxiété généralisée ou sociale, TOC ; trouble bipolaire plus fréquent qu'en population générale. |
| Sommeil | Rythme décalé (couche-tard), insomnies, apnée du sommeil, jambes sans repos. |
| Addictions | À des substances (tabac, alcool, cannabis) ou à des comportements (jeux, achats, écrans), fréquemment une manière d'« apaiser » le cerveau soi-même. |
| Haut potentiel (HPI) | Peut coexister et masquer un moment les difficultés. |
| Spectre de l'autisme (TSA) | Association fréquente (parfois désignée par le terme « AuDHD »). |
Comprendre son attention
Saisir comment l'attention fonctionne, c'est déjà mieux choisir ses outils. Là est tout l'enjeu de la psychoéducation : « je ne suis pas incapable, mon cerveau marche autrement ».
La charge mentale : faire de la place
Votre réserve d'attention n'est pas illimitée. Tout ce que vous devez « garder en tête » en grignote une part, sans relâche. Écrire les choses (agenda, liste, rappel) libère aussitôt de l'espace mental.
Une image : même éteint au fond de la poche, un téléphone occupe une part de la vigilance (l'attente d'une notification). Moins il est présent et actif, plus votre attention, et donc votre mémoire, reste disponible.
🎯 Plusieurs formes d'attention ▸
- Sélective : tenir sur un seul objet sans se laisser happer ailleurs.
- Partagée (le fameux « multitâche ») : mener plusieurs choses de front, un point particulièrement fragile dans le TDAH.
- Soutenue : durer dans le temps sans lâcher prise.
⏳ Éveil, filtre et rapport au temps ▸
- Éveil : il balance entre sous-stimulation (pas assez d'entrées) et sur-stimulation (trop d'entrées à la fois).
- Inhibition : le « filtre » laisse passer trop vite le flot d'informations et les impulsions.
- Estimation du temps : souvent faussée (sous ou surestimée), ce qui rend la planification ardue.
🌍 Ce que cela change au quotidien ▸
Les difficultés d'attention et de mémoire, comme l'impulsivité, sont trop souvent prises pour de la négligence ou un manque de volonté (« on ne peut pas compter sur lui ou elle »). De quoi abîmer l'estime de soi et compliquer les relations, la vie de famille et le travail. Comprendre le mécanisme permet de lever la culpabilité et de chercher des adaptations plutôt que de s'épuiser avec des méthodes vouées à l'échec.
Le traitement médicamenteux
Le médicament n'a rien d'obligatoire, mais il constitue souvent un pilier de la prise en charge des formes modérées à sévères. Les molécules employées sont des psychostimulants : en rendant la dopamine et la noradrénaline plus disponibles entre les neurones, elles renforcent l'attention et le contrôle des impulsions.
Le méthylphénidate
En France, le méthylphénidate est la seule molécule autorisée (AMM) dans le TDAH. Utilisée depuis les années 1950, elle relève de la réglementation des stupéfiants (d'où un encadrement strict), sans pour autant être une « drogue » au sens addictif chez la personne concernée par un TDAH.
| Médicament | Libération | Durée d'action | Prise |
|---|---|---|---|
| Ritaline® 10 mg (LI) | 100 % immédiate | ~ 4 h | Comprimé sécable, pendant ou hors repas |
| Medikinet® LM | 50 % LI / 50 % LP | ~ 8 h | 1 prise le matin, pendant un petit-déjeuner consistant |
| Ritaline® LP | 50 % LI / 50 % LP | ~ 8 h | 1 prise le matin |
| Quasym® LP | 30 % LI / 70 % LP | ~ 8 h | 1 prise le matin |
| Concerta® LP / Méthylphénidate LP | 22 % LI / 78 % LP | ~ 10 à 12 h | 1 prise le matin (ne pas écraser/couper) |
📋 Règles de prescription (stupéfiant) ▸
- Mise en route par un spécialiste (psychiatre, neurologue, pédiatre).
- Ordonnance sécurisée, posologie rédigée en toutes lettres, pharmacie nommément indiquée.
- Validité de 28 jours ; à présenter à la pharmacie sous 3 jours (au-delà, les jours écoulés sont retranchés).
- Renouvellement mensuel possible par le médecin traitant ; la prescription initiale doit être renouvelée par le spécialiste au moins une fois par an.
✨ Ce que l'on peut en attendre ▸
- Attention : concentration qui tient plus longtemps, moins de distractions.
- Apaisement : l'agitation et le « bruit mental » se calment.
- Émotions : régulation facilitée, moins d'irritabilité et d'impulsivité.
- Au quotidien : tâches plus faciles à terminer, organisation plus aisée, et meilleur bénéfice des autres approches (psychothérapie, méditation, sport, etc.).
🥤 Modalités de prise ▸
- Le matin (et le midi au besoin), jamais le soir (cela empêche de dormir).
- De préférence au cours d'un repas, toujours de la même manière. Le Medikinet® réclame un petit-déjeuner consistant.
- Comprimés et gélules avalés avec un grand verre d'eau (ni écrasés, ni croqués). Certaines gélules peuvent être ouvertes et mêlées à une compote ou un yaourt non chaud.
- En cas d'oubli : ne jamais doubler la dose, attendre simplement la prise suivante.
- Limiter café, thé fort et boissons énergisantes, dont l'effet stimulant s'additionne (palpitations, nervosité).
- Des pauses (week-ends, vacances) sont envisageables, à décider avec le médecin, sans perte d'efficacité par la suite.
⚠️ Effets indésirables possibles ▸
| Fréquence | Effets |
|---|---|
| > 10 % | Céphalées (souvent passagères), appétit en baisse (surtout à midi), légères difficultés d'endormissement si la prise est tardive, bouche sèche. |
| 1 à 10 % | Douleurs abdominales, palpitations, légère montée de la tension et du pouls, sueurs, petits boutons ; anxiété, irritabilité en fin de dose (« effet rebond »), émotions à vif. |
| Rares (< 1 %) | Baisse du moral, idées noires, perceptions anormales, tics. Le plus souvent réversibles à l'arrêt. |
🩺 Suivi et mésusage ▸
Un bilan cardiologique et biologique s'impose avant de démarrer. Ensuite, un contrôle régulier de la tension, du pouls, du poids, du sommeil et de l'humeur s'effectue à chaque ajustement de dose et au minimum tous les 6 mois.
Gare aux interactions : certains décongestionnants nasaux en vente libre (par exemple Actifed®, Déturgylone®) ne doivent pas être associés (risque d'hypertension). Hors TDAH, la molécule a un effet dopant et un potentiel de dépendance, ce qui explique l'encadrement spécialisé.
❓ Questions fréquentes ▸
Vais-je devenir un « zombie » ?
Non. Une sensation d'être éteint ou apathique signale une dose trop élevée ou une molécule mal adaptée. L'objectif reste d'être vous-même, simplement plus concentré.
Existe-t-il un risque de dépendance ?
Non : aux doses thérapeutiques, le méthylphénidate n'entraîne pas d'accoutumance physique chez la personne TDAH (au point qu'on oublie souvent de le prendre).
Puis-je conduire ?
Oui : le traitement tend à améliorer la vigilance et à réduire l'impulsivité au volant.
Et en déplacement ?
Gardez toujours vos médicaments sur vous (jamais en soute) et emportez vos deux ordonnances (celle du spécialiste et l'intermédiaire). Les règles varient d'un pays à l'autre : anticipez avec votre médecin.
Ce contenu est purement informatif et ne vise pas à promouvoir les psychostimulants. L'échange avec votre médecin demeure irremplaçable.
Au-delà des médicaments
Le médicament est un appui précieux, mais il ne dispense pas d'acquérir de nouvelles compétences. Les stratégies comportementales, l'hygiène de vie et les thérapies sont incontournables, et « Mon programme » vous permet de les mettre en pratique dès aujourd'hui.
🚀 Prendre le dessus sur la procrastination
- Le tout petit pas : non pas « ranger la maison » mais « ramasser les chaussettes ». Une fois lancé, on enchaîne.
- Pomodoro sur mesure : 20 à 25 min de travail, 5 min de pause, avec un minuteur visuel.
- Body doubling : travailler auprès de quelqu'un (même sans échanger) aide à rester dans la tâche.
- Récompense sur le moment : greffer un plaisir sur une corvée (un podcast pendant la vaisselle).
🛑 Freiner l'impulsivité : la méthode STOP
- S, S'arrêter : suspendre l'action dès que l'émotion grimpe.
- T, Temporiser : trois respirations amples, compter jusqu'à dix.
- O, Observer : que se passe-t-il ? qu'est-ce que je ressens ?
- P, Poursuivre : agir en pleine conscience, en accord avec mes objectifs.
Les 3 appuis de l'hygiène de vie
Le manque de sommeil accentue les symptômes. Heure de lever régulière, pas d'écran dans l'heure précédant le coucher, chambre sombre et silencieuse.
L'activité physique fait naturellement grimper dopamine et noradrénaline. 30 min de cardio par jour peuvent rivaliser avec une petite dose de médicament.
Des protéines au petit-déjeuner, et on évite les pics de sucre (suivis de « chutes » d'énergie). Oméga-3, fer et vitamine D comptent aussi.
🧩 Thérapies et accompagnements ▸
- TCC (thérapie cognitive et comportementale), l'approche de référence : concrète et ancrée dans le présent, elle travaille les pensées piégeantes, l'organisation, les émotions et l'estime de soi.
- Coaching TDAH, un partenaire pragmatique pour installer des systèmes d'organisation et tenir ses engagements (« accountability »).
- Pleine conscience (mindfulness), 3 à 5 min par jour pour commencer ; on s'entraîne à repérer quand l'attention file et à la ramener.
- Groupes de parole et associations, pour rompre l'isolement et partager des astuces (par exemple HyperSupers TDAH France).
🔁 La force des routines ▸
Décider épuise le cerveau TDAH. Les routines mettent les tâches en pilote automatique et préservent l'énergie mentale. La « base de lancement » (préparer la veille sac, clés et vêtements au même endroit près de la porte) et les rituels toujours exécutés dans le même ordre se révèlent particulièrement efficaces. À bâtir dans Mes routines.
Le TDAH au quotidien
🎓 Études et scolarité ▸
- PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) : aménagements simples (temps en plus, photocopies, place au premier rang), mis en place via le médecin scolaire.
- PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) : pour les situations plus lourdes (aide humaine AESH, matériel), via la MDPH.
- Aménagements d'examens : tiers-temps, secrétaire, pauses, salle dédiée, à solliciter très en amont.
Côté étudiant : enregistrer les cours (avec accord), s'appuyer sur des cartes mentales, travailler en petits groupes, fractionner les révisions.
💼 Vie professionnelle et RQTH ▸
Bien placé, le TDAH devient un atout : gestion de l'urgence, nouveauté, créativité, métiers commerciaux. Quelques adaptations utiles : casque antibruit, télétravail (le calme) ou présentiel (le cadre), horaires souples, consignes écrites de préférence à l'oral.
RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) : dossier déposé à la MDPH, démarche confidentielle (l'employeur n'a pas à connaître la cause médicale). Elle ouvre droit à des aides (aménagement du poste, financement de formations ou de coaching) via l'AGEFIPH ou le FIPHFP.
❤️ Vie de couple ▸
Le TDAH s'invite souvent comme le « tiers invisible » du couple. Le ou la partenaire peut se sentir débordé·e ou glisser dans un rôle parental. Quelques repères : ne pas lire un oubli comme un manque d'amour ; répartir les tâches selon les points forts de chacun (plutôt les tâches « ponctuelles » que les routinières) ; tenir un agenda partagé.
💶 Gestion de l'argent ▸
Achats impulsifs et blocage face à l'administratif (la « taxe TDAH ») compliquent vite les finances. Quelques leviers :
- Automatiser l'ensemble des paiements (prélèvements).
- Deux comptes : l'un pour les charges fixes (où arrive le salaire), l'autre pour les dépenses courantes (carte à autorisation systématique).
- La règle des 24 à 48 h : pour tout achat non essentiel de plus de 50 €, patienter avant de valider ; l'envie retombe souvent d'elle-même.
Proches & employeur
Du côté des proches
Rappel utile : le TDAH est un trouble de la performance, pas de la connaissance. La personne sait quoi faire, mais bute sur l'exécution au bon moment.
- « Fais un effort »
- « Tu le ferais si c'était important »
- « Comment je peux t'aider à démarrer ? »
- « De quoi as-tu besoin pour te concentrer ? »
Mettez en avant les points forts (créativité, énergie, capacité à rebondir, humour, empathie, efficacité dans l'urgence). Parlez brièvement, une consigne à la fois, en regardant la personne. Misez sur le positif : le cerveau TDAH supporte mal la punition et répond très bien à l'encouragement. Et pensez à vous ménager : faites « avec », non « à la place de ».
Fiche à remettre à l'employeur
Des adaptations concrètes, quasiment sans coût, qui ne relèvent pas d'un « traitement de faveur » mais d'un accompagnement médical reconnu. (Imprimable via le bouton ci-dessous.)
Des consignes écrites plutôt qu'orales ; un récapitulatif par e-mail.
Aider à hiérarchiser (liste de tâches, court point hebdomadaire) ; poser des échéances intermédiaires.
Limiter les sources de distraction ; un espace calme, un casque toléré.
Des retours directs, factuels et bienveillants ; de courts échanges réguliers.
Horaires souples ou télétravail partiel pour les temps de concentration.
Valoriser la créativité, l'énergie, le travail sous pression, la pensée originale.
Ressources & glossaire
Associations et soutien
- HyperSupers TDAH France, tdah-france.fr : l'association de référence, reconnue d'utilité publique.
- Typik Atypik, typikatypik.fr : accompagnement des profils atypiques.
- TDAH Partout Pareil, tdah-partoutpareil.com : ressources et outils ludiques.
- CADDRA (Canada), caddra.ca : documentation médicale francophone de qualité.
Informations institutionnelles fiables : la Haute Autorité de Santé (has-sante.fr), l'Assurance Maladie (ameli.fr) et service-public.fr pour les démarches et les droits.
Livres et applis
- Mon cerveau a encore besoin de lunettes, Annick Vincent (référence grand public).
- Manuel de l'hyperactivité et du déficit de l'attention, Desseilles, Perroud, Weibel.
- Mieux vivre avec le TDAH à l'âge adulte, L. Zylowska (pleine conscience).
- TDAH, la boîte à outils, Ariane Hébert (pratique et visuel).
- Méditation : Petit BamBou, Headspace. Voir aussi la Boîte à outils.
Glossaire
AMM, Autorisation de Mise sur le Marché : agrément officiel d'un médicament pour une indication précise.
Dopamine, neurotransmetteur de la motivation, du plaisir et de l'attention ; déficitaire dans le TDAH.
Fonctions exécutives, processus de haut niveau : planification, inhibition, flexibilité, mémoire de travail.
Hyperfocalisation, concentration intense et exclusive sur une tâche stimulante, en perdant la notion de l'environnement.
MDPH, Maison Départementale des Personnes Handicapées : évalue et attribue les droits (RQTH, AAH, PPS…).
Méthylphénidate, molécule psychostimulante, traitement de 1re intention du TDAH.
Neurodéveloppemental, qui concerne le développement du système nerveux dès le début de la vie.
RQTH, Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé.
TCC, Thérapie Cognitive et Comportementale.
Cécité temporelle, difficulté à percevoir et estimer le temps qui passe.
🔒 Le programme pratique fait partie de la version complète
Cette version d'essai ouvre l'accueil et la partie « Comprendre ». Le programme d'exercices par semaines est disponible dans la version complète, via nos diffuseurs : contact@remedie.fr.
Réglages
🏥 Coordonnées de mon suivi
À compléter (par le patient ou le praticien). Ces informations restent sur cet appareil et s'affichent ici pour être retrouvées facilement.
💾 Mes données
Tout est enregistré uniquement sur cet appareil (rien n'est envoyé sur internet). Comme les données d'un navigateur peuvent être effacées, faites une sauvegarde régulière : elle crée un fichier que vous pouvez ranger où vous voulez et réimporter plus tard (ou sur un autre appareil).
ℹ️ À propos
Application d'information et de réhabilitation psychosociale pour adultes concernés par un TDAH. Contenus rédigés à partir de références publiques : Haute Autorité de Santé (HAS), Assurance Maladie (ameli.fr), service-public.fr et associations de patients reconnues (HyperSupers TDAH France, CADDRA).
Outil de soutien, à utiliser en complément d'un suivi médical, jamais en remplacement. En cas d'urgence : 3114 ou 15.